Tendance Toujours obnubilés par la réduction des coûts et la gestion des risques, les directeurs des achats se tournent davantage vers le numérique et bénéficient d’un soutien grandissant au sein des entreprises.

A la direction des achats, on ne se refait pas, ou pas tout à fait. Comme l’an passé, la réduction des coûts reste la priorité de 79 % des 480 directeurs des achats interrogés par Deloitte dans le cadre de son enquête annuelle – soit 4 points de plus qu’en 2016. « Dans un contexte économique encore fragile, les entreprises y voient toujours une solution de financement de leur croissance », explique Magali Testard, associée responsable conseil achats et supply chain au sein du cabinet d’audit et de conseil. Suivent la non moins traditionnelle gestion des risques (57 %), l’introduction de nouveaux produits et services ou la conquête de nouveaux marchés (52 %), et l’augmentation du cash-flow (48 %).

Rien de nouveau sous le soleil, donc, sauf que les directeurs achats n’ont, à les en croire, jamais été autant encouragés dans l’exécution de ces missions clefs : 72 % affirment qu’ils reçoivent un soutien sans faille des décideurs de leur entreprise. « C’est un niveau inégalé, se réjouit la consultante. Cela prouve que les acheteurs nouent progressivement des relations de plus en plus étroites avec les fonctions prescriptrices, de la direction financière à la supply chain, en passant par la direction des opérations. » En cause : l’environnement réglementaire toujours plus complexe et menaçant, mais aussi les incertitudes géopolitiques – Brexit, élection de Donald Trump aux Etats-Unis… – qui font peser des risques croissants sur les fournisseurs et replacent la fonction achats au centre du jeu.

Un vivier de talents partagés

Une opportunité que les directeurs achats ont bien compris et qu’ils comptent saisir en s’emparant plus férocement des outils numériques à leur disposition. « Comme toutes les fonctions, les achats sont touchés par la stratégie digitale globale menée dans la plupart des entreprises : il faut donc mettre en place une stratégie digitale dédiée aux achats, enclencher une digitalisation des process et se tourner vers des achats de produits ou services digitaux chaque jour plus importants, prévient l’associée Deloitte. C’est donc le moment idéal pour accélérer. »

Problème : si 75 % des directeurs achats interrogés considèrent que le digital est effectivement le sujet de demain, 60 % affirment dans le même temps que leurs équipes ne sont pas capables, en l’état, de relever ce défi« Pour remédier à ce problème, il faut créer une culture digitale au sein de la fonction achats, conseille la consultante. La formation, le mentoring, le recrutement de nouveaux profils et la diversité des talents sont autant de solutions pour y parvenir. »

Sujet commun à de nombreuses fonctions, l’analyse des données peut, par exemple, être prise en charge par un vivier de talents partagésentre différents services. Les directeurs achats pouvant solliciter leurs services pour travailler, sous la forme d’équipes mixtes, sur la prédiction des risques ou les grandes tendances des marchés fournisseurs. « S’adjoindre de nouvelles compétences ne veut pas dire transformer les acheteurs en statisticiens », conclut Magali Testard. »